L’emballage ne veut plus être le mal aimé de l’industrie.
Synonyme de pollution pour certains, de superflu pour d’autres, le monde de l’emballage ne veut plus être le mal aimé de l’industrie française mais un acteur enthousiaste du développement durable à l’heure du “Grenelle de l’environnement”. Ce secteur-clé de l’économie mondiale tient salon jusqu’Ã
vendredi à Villepinte, au nord de Paris. Désigné par un logo en forme de Tour Eiffel enrubannée,
“Pack the World”, qui rassemble 2.200 sociétés, présente les dernières innovations en termes de design, d’écologie, etc.“L’emballage doit être un signe extérieur d’intelligence : intelligence de ceux qui l’ont conçu, de ceux qui l’ont choisi, de ceux qui vont le retenir pour leurs linéaires et du consommateur, qui saura jusqu’au bout assurer sa durée de vie”, explique Annette Freidinger, maître de conférence à l’Ecole
nationale d’agronomie et d’industrie alimentaire de Nancy.
Bouchons, packs, bouteilles, pots de verre, boîtes en carton et autres sacs en plastique biodégradable ou non ont dégagé en France en 2007 un chiffre d’affaires de 22,7 milliards d’euros, comparable à celui des parfums et cosmétiques. L’emballage en France, ce sont aussi plus de 97.000 emplois.
“Malgré une période économique complexe, les fabricants d’emballage prévoient une stabilité de leurs investissements pour la période 2009-2011″, notent les organisateurs du salon dans un communiqué.
Ce secteur “est dans un logique de progrès”, dit Annette Freidinger. “Plus personne aujourd’hui ne met un emballage sur le marché s’il n’a pas été ‘éco-conçu’. On prend en compte le poids, l’épaisseur de l’emballage mais aussi les impacts environnementaux durant la phase de fabrication”.
BIOPLASTIQUES ET BOÃŽTES DE CHOCOLATS
Au niveau mondial, 34% des emballages sont constitués par du papier ou du carton, matériaux recyclables sept à huit fois. Depuis quelques années, le verre, qui avait perdu du terrain face au plastique, regagne des parts de marché “car il est associé à cette notion de sécurité alimentaire et de
transparence”, explique l’experte. Les bioplastiques issus de farines de céréales ont fait récemment leur apparition. Mais, comme pour les biocarburants, se pose la question de l’utilisation de ressources agricoles pour faire de l’emballage, alors que la faim perdure sur Terre.
Bien que soumis à des normes communes dictées par Bruxelles, les comportements des consommateurs européens varient d’un pays à l’autre. Si la disparition des sacs en plastique, une habitude venue d’Allemagne, semble se généraliser, il n’en est pas de même pour les autres conditionnements. L’Europe du Nord est habituée à la bouteille consignée, les Suisses sont adeptes des ‘éco-recharges’, les Français, Italiens et Espagnols sont, eux, sensibles à l’esthétique des produits. Les professionnels n’ont aucune intention de renoncer pour l’heure aux parts individuelles, génératrices de déchets. “La portion individuelle reste une attente des consommateurs. C’est tout le paradoxe”, note Annette Freidinger.
“On est soucieux d’écologie, mais on demande aussi à l’emballage d’être sophistiqué, amusant, décalé, pratique et sûr”. A Noël, fait-elle remarquer, les boîtes de chocolats, qui remplissent ensuite les poubelles, sont bien plus prisées que les sachets. Du côté des pouvoirs publics, les questions d’emballage ont fait débat cet automne, un an après le “Grenelle de l’environnement”.
Les députés ont rejeté fin octobre un amendement proposant de taxer des sacs plastiques. Un mois plus tôt, le président Nicolas Sarkozy a dû éteindre lui-même une polémique née du souhait du ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, d’imposer une taxe sur les ustensiles en matière plastique non biodégradables, surnommée “taxe pique-nique”.
“C’est l’arbre qui cache la forêt”, estime Annette Freidinger. “Au lieu d’inciter au développement et à la
recherche, on taxe encore. C’est dommage car au final, c’est toujours le consommmateur qui paie”. (Reuters)
+ d’infos : emballageweb.com
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