Avec Douglas Tabet, agent et expert immobilier à Courbevoie.
La crise financière a caché ces dernières semaines l’accentuation de la crise immobilière. La forte diminution des ventes dans le neuf, voire l’arrêt dans certains programmes, a conduit les promoteurs à réduire la voilure. « Nous arrêtons toutes les semaines des commercialisations, essentiellement dans les petites villes et les zones rurales », commente François Massé, directeur général délégué d’Eiffage.Tous ont revu leurs conditions pour lancer un programme. De 30 % de précommercialisation couramment pratiqué, ils sont revenus à 50 %, voire à 100 %. Telle a été la décision d’Eiffage, qui a annoncé qu’à partir du 1er janvier aucune opération de promotion ne sera lancée-et en conséquence aucun terrain acheté-qui n’ait été entièrement vendue. Les permis de construire ont ainsi baissé de 16 % par rapport à septembre 2007 et de 20 % sur les trois derniers mois, tandis que les mises en chantier ont reculé respectivement de 9,5 et de 13 %. Toutes les régions sont affectées, à l’exception de l’Ile-de-France, qui enregistre une progression de 5 %, et de la région Rhône-Alpes, qui résiste.
La situation devrait encore empirer au second semestre. La Fédération française du bâtiment ne table plus que sur un volume de 370 000 à 380 000 logements, soit un tiers de moins que l’objectif fixé par le gouvernement (500 000). Conséquence : 1 148 entreprises ont fait faillite. Et les promoteurs ne sont pas dans une situation plus brillante. Des petits, comme Cereol ou Brun, ont déposé le bilan, tandis que les plus gros (Nexity, Kaufman & Broad, Tagerim…) réduisent leurs effectifs. Faute que leurs clients aient pu obtenir leurs crédits, certains enregistrent des taux de désistement de 65 %. Du jamais-vu. Chez certains, ils ont même dépassé en août les réservations.
Pour enrayer la dégradation, le gouvernement a décidé d’acheter 30 000 logements (programmés, mais pas construits faute de réservations), de développer le pass foncier et d’assouplir les conditions de ressources aux prêts à l’accession sociale afin de permettre à un plus grand nombre d’en bénéficier. Le projet de loi de Christine Boutin prévoit également que les promoteurs puissent vendre en Vefa (vente en l’état futur d’achèvement) des programmes entiers à des bailleurs sociaux, et plus seulement des « queues » de programmes. (source : Le Point)
+ d’infos : lepoint.fr
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